LA RETRACTATION DU CONGE DONNE PAR LE PRENEUR DOIT ÊTRE ACCEPTEE PAR LE BAILLEUR. LA TOLERANCE POSTERIEURE AU MAINTIEN DANS LES LIEUX NE CARACTERISE PAS L’ACCORD DU BAILLEUR QUANT A LA RETRACTATION
Un locataire avait donné congé (les lieux étaient loués à titre d’habitation). Il avait rétracté son congé par la suite. Mais le bailleur avait poursuivi l’expulsion ; le locataire soutenait qu’en acceptant le paiement des loyers postérieurement au congé, il avait accepté la rétractation. Le Tribunal a répondu par la négative :
« …Le congé est un acte unilatéral qui met fin au bail par la seule manifestation de la volonté de celui qui le délivre sans qu’il soit nécessaire qu’il soit expressément accepté par le bailleur. Il produit donc son entier effet s’il est délivré conformément aux dispositions légales, comme c’est le cas en l’espèce.
Par ailleurs, la rétractation d’un congé par le locataire ne saurait produire d’effet et autoriser la poursuite du bail qu’à la condition qu’il soit expressément accepté par le bailleur, destinataire du congé.
Les [bailleurs] n’ayant jamais exprimé ni par eux-mêmes ni par leur mandataire le moindre commencement d’un accord quant à un maintien dans les lieux du défendeur, la rétractation du congé que ce dernier invoque en la cause est dépourvue de tout effet et il ne peut valablement se prévaloir d’une quelconque reconduction tacite du contrat.
A cet égard, la tolérance d’un maintien dans les lieux, même durant plusieurs mois, à supposer que tel ait été le cas en l’espèce, ne saurait suffire à caractériser un accord sur ce point et peut tout autant être la manifestation d’une bienveillance laissée au preneur afin de lui permettre de trouver une solution de relogement.
Il en résulte que le présent bail s’est trouvé résilié à l’expiration d’un délai de 3 mois à compter de la réception du congé… ».
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