L’ETE EST L’OCCASION DE SE DETENDRE ET DE SE REPOSER. C’EST AUSSI L’OCCASION DE LIRE DAVANTAGE. VOICI QUELQUES NOTES DE LECTURE. IL Y EN AURA D’AUTRES.
« Adios » de Kléber HAEDENS (Grasset, 1974). Ce livre a obtenu le Grand Prix du roman de l’Académie Française. Il s’agit du plus célèbre livre de l’auteur. Un roman d’apprentissage mais ce n’est pas La Recherche . Un journaliste sportif raconte sa vie. La première partie auprès de parents débiles de par leur rigorisme est assez amusante, la seconde me semble moins travaillée et un peu confuse. Belles pages sur le rugby, la corrida, le Sud-ouest. Distrayant, mais je trouve que cette façon d’écrire et de dérouler l’histoire a un peu vieilli. Il y a de meilleures pages de l’auteur.
« Journal d’un étranger à Paris », de Curzio MALAPARTE (Denoël, 1967). De la hauteur, du grand et du beau. Remarques très intéressantes sur la vie, la guerre, les amis mais aussi les écrivains vivants ou morts (Chateaubriand). Le narrateur est pris au piège de son propre passé ; il revient en France en 1947, notamment pour revoir ses amis. Il est plus ou moins bien reçu. Cependant, poursuivi par la vindicte de Mussolini, il s’était « in fine » très bien conduit. Mais les haines sont tenaces : « Les Français n’aiment pas qu’un étranger ait sur eux un jugement qui n’est pas le leur » (p. 225). A lire avec intérêt, sa seule et unique rencontre avec le dictateur italien.
« Passions » de Jean SCHLUMBERGER (Gallimard, 1956). Ce fondateur de la NRF est aujourd’hui bien oublié. On a publié, il y a une dizaine d’année au moins ses « Notes sur la vie littéraire 1902-1968). « Passions » est une suite de nouvelles très sombres. Les anecdotes qui forment la base des six nouvelles sont intéressantes, mais l’exploitation qui en est faite est très datée. C’est fort bien écrit, dans une langue châtiée, mais la voix des personnages « sonne mal ». Dans la vie, on ne parle pas de cette manière ; encore moins aujourd’hui. Certes, la littérature n’a que des rapports lointains avec la sténotypie, mais l’art du grand écrivain est justement de faire croire que les gens parlent de cette façon (cf le faux parler prolétaire de Céline).
« Correspondance André GIDE- André SUARES 1908-1920, Gallimard, 1963). Une amitié qui n’en a jamais été une, malgré les protestations de GIDE et qui s’est finie en fâcherie ( GIDE étant pour SUARES : le « Goethe des mouches, le pasteur de Sodome ») . Il n’y a pas de comparaison possible, GIDE me semble nettement en-dessous de SUARES sur le plan du style et de la réflexion. En revanche, Suarès est odieux, complexe, orgueilleux à outrance, et, il faut le dire, désagréable. Mais quelle culture !(n’oublions pas qu’il a voulu réconcilier le christianisme avec le paganisme), et quel bonhomme ! Très intéressantes remarques de Suarès sur la littérature et la création. Jubilatoire (pour Suarès).
« Quarante-cinq poèmes » de W.B. Yeats (Poésie/Gallimard, 2003). Lu quelques poèmes de Yeats traduits par Yves Bonnefoy. C’est très beau, mais je me demande si Bonnefoy, par son talent, n’améliore pas un peu l’original. Il a une conception particulière de la traduction. « Traduire c’est d’abord se laisser convaincre ». En ce qui me concerne, je suis plutôt partisan de coller au texte original, et de faire du « mot à mot », si c’est compréhensible. On garde ainsi la saveur exacte de l’original. « Même si le grand chant ne doit plus reprendre/ Ce sera pure joie, ce qui nous reste : / Le fracas des galets sur le rivage, / Dans le reflux de la vague.
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