POINT DE DEPART DU CONTRAT DE TRAVAIL ET CHARGE DE LA PREUVE
Un cadre avait été engagé le 24 mai 2007 aux termes d’un contrat qui prévoyait qu’il ne deviendrait définitif qu’à l’expiration d’une période d’essai de trois mois courant à compter du 1er juin 2007.
La convention collective applicable prévoyait une période d’essai de trois mois renouvelable une fois.
Toutefois, selon l’employeur, le point de départ du contrat avait été différé au 17 septembre 2007 avec l’accord implicite du salarié.
Le 6 décembre 2007, l’employeur a notifié au salarié le renouvellement de sa période d’essai, puis l’informait le 22 février 2008 de la fin de son contrat (donc toujours pendant la période d’essai).
Le salarié, prétendant a posteriori avoir été à la disposition de son employeur dès le 1er septembre 2007, a considéré qu’il était victime d’un licenciement abusif, sa période d’essai se terminant selon lui le 1er décembre 2007, la demande de renouvellement de la période d’essai par l’employeur étant tardive.
La Cour d’Appel, saisie du dossier, a donné raison au salarié :
« Attendu que c’est en vain que la société appelante prétend, sans le démontrer, que c’est avec l’accord de M. R. que le point de départ du contrat de travail a été différé au 17 septembre 2007 ;
Qu’en effet, les pièces produites par l’employeur n’émanent que d’actes unilatéraux tels que la déclaration unique d’embauche, un courrier adressé au salarié le 21 septembre 2007 et un courriel daté du 17 septembre 2007 ;
Que l’intimé fait en effet valoir que si l’employeur a décidé de ne pas lui fournir de travail avant le 17 septembre 2007 cela ne résulte que d’une décision unilatérale de modifier les clauses du contrat précité sans qu’il n’ait été convenu à aucun moment du report prétendu ;
Que c’est également en vain que la société appelante fait valoir que si la prise d’effet du contrat de travail a été différée au 17 septembre 2007 c’est parce que le 1er septembre 2007 M. R. se trouvait toujours salarié de la société […], l’intimé démontrant qu’il n’était plus lié à cette société depuis le 13 juillet 2007 ;
Qu’en tout état de cause, les relations contractuelles ayant effectivement débuté le 1er septembre 2007, la période d’essai se terminait le 1er décembre 2007 et que, dès lors, la demande de renouvellement datée du 6 décembre 2007, adressée le 10 décembre, était tardive ».
Nota : la motivation laisse l’interprète sur sa fin. Elle semble un peu confuse, et surtout, elle inverse la charge de la preuve.




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